Publié par : didier1 | 1 novembre 2007

Good-bye, Norma Jeane

Elle est née en 1926 et morte en 1962: elle n’avait que 36 ans!

Elle s’appelait Norma Jeane Mortenson, mais vous la connaissez certainement mieux sous son nom de scène Marilyn Monroe, Marilyn pour Marilyn Miller l’actrice et Monroe, le nom de sa grand mère, qu’elle a adopté officiellement pour l’état civil en 1956.

Elle a marquée notre époque qu’on le veuille ou non.

Elle a été la plus célèbre des “Pin-up” des 1944 et top-modèle des l’année suivante en teignant ses cheveux en blond.

Elle a tourné le premier de ses trente films en 1947, ou elle joue le rôle d’Evie, une serveuse.

Elle ne terminera pas son dernier film au titre prémonitoire: “Something’s got to give” (Quelque chose doit craquer!) avec Dean Martin et Cyd Charisse.

Elle a connu les plus grands de la planète, dont certains de très prés…trop prés selon certains.

Elle a eu la gloire, l’argent et les Oscars.

Elle a été le phantasme et l’incarnation de l’idéal féminin de millions d’ hommes et ce, sur cinq continents.

Elle a été le rêve et le modèle de millions de femmes, copiée et reproduite jusqu’à ce jour…

En 1955, elle propose un épitaphe pour se définir en trois chiffres: “97-62-92″…ses mensurations!

Elle est alors au mieux de sa forme. Ça ne durera pas longtemps…

Portrait et réflexion sur une étoile filante…

Il y a deux versions de la vie de Marilyn Monroe: l’officielle et l’officieuse.

Ces deux versions s’imbriquent et se mélangent si intimement qu’il est difficile de tracer une ligne séparant les deux. Réalité et légendes se mêlent pour grossir le mystère, s’il etait encore possible de le faire, de ses paroles, de ses actions et de ses attitudes a tout jamais…

L’officielle fait référence a sa filmographie (30 films en 25 ans!), ses chansons, ses succès et ses bides, ses caprices de star et ses célèbres sautes d’humeur, sa célébrité sans limites et les personnages non moins célébrés qu’elle a côtoyé.

Elle fait état de ses trois mariages et autant de divorces, de sa liste d’amants prestigieux, riches et puissants.

Elle évoque ses changements de noms et de looks.

Elle parle de la couleur de ses cheveux: bruns, puis blonds des 1945, enfin peroxydés en 1952.

Elle s’étend, grâce a une iconographie pléthorique, sur ses tenues désormais légendaires, ses lunettes noires et sa démarche chaloupée reconnaissable entre mille…

L’officieuse compile les catastrophes:

- Adolescente abusée a deux reprises (par son père adoptif et par son cousin), élevée loin de sa mère en orphelinat.

- Premier mariage a 16 ans et divorcée a 21.

- Premier avortement en 1947 (il y aura six “opérations gynécologiques dues a des complications diverses” dont plusieurs fausses couches)

- Première tentative de suicide en 1951

- Premières pilules pour maintenir sa ligne en 1953

- Visite quotidienne chez le ”Psy” des 1957

- Première hospitalisation pour surdose de somnifères en 1958

- Internement a l’hôpital en section psychiatrique en 1961

- Coma du a une ingestion de barbituriques en 1962

- Décès constate le 4 Août 1962.

Mais c’est un troisième éclairage qui a fait l’objet de ma curiosité vis a vis du personnage: sa relation avec la psychanalyse et ses praticiens!

Dans son roman: “Marilyn dernières séances”, Michel Schneider nous fait une synthèse romancée et très documentée de sa fin; a savoir ses trente derniers mois…

En effet, Marylin Monroe a beaucoup fréquenté les “psys”:

Principalement Marianne Kris pendant plusieurs années quand elle habitait New York. Pour la petite histoire, cette dernière a été la psy de Jacqueline Kennedy, l’épouse de John Fitzerald Kennedy, président des États-Unis dans le civil et amant de Marilyn dans le privé…

Pour une meilleure compréhension, chaque analyste a lui mémé entrepris une analyse auprès de deux confrères en règle générale. Les deux superviseurs de Marianne Kris ne sont autres que Sigmund Freud en personne et Anna Freud, sa fille.

Durant une courte période ou elle séjourne a Londres, Marylin Monroe a bénéficié de plusieurs séances avec Anna Freud.

Anna Freud a raconte que c’est grâce a Joseph P. Kennedy, le père de John alors ambassadeur à Londres, que Marianne Kris a pu émigrer aux États-Unis en 1940.

Puis Ralph Greenson, recommandé par Marianne Kris quand Marilyn s’installe a Hollywood. Greenson a eu lui-même pour superviseurs Otto Fenichel et Wilhelm Stekel, eux-mêmes analysés par Sigmund Freud. Jeune étudiant en Suisse, Greenson a participe a plusieurs séances collectives avec Sigmund Freud a Vienne.

Surprenant, n’est-ce pas?

Ce n’est pas fini, car:

la sœur de Ralph Greenson (il a changé son nom, il s’appelait initialement Romeo Greenschpoon ou Romi pour les intimes), Elisabeth Greenschspoon a la ville est mariée a Milton Rudin, l’avocat de Marilyn!

On continue:

Ralph Greenson a eu pour patients Frank Sinatra et Tony Curtis, tous deux amants de Marilyn.

Hannah Fenichel, la veuve d’Otto, le deuxième analyste de Greenson était la voisine de Marilyn dans sa maison de Brentwood qu’elle acheta sur les conseils de son analyste la dernière année de sa vie.

Pour finir:

Rudolph Loewenstein, psy d’Arthur Miller, troisième mari de Marilyn de 1956 a 1960, a eu Otto Fenichel comme superviseur…

Ce ne sont pas des “coïncidences psychologiques”, comme le mentionne le Dr Wexler, ex-associe de Ralph Greenson:

” Cette structure est composée de” liens psychiques incestueux”, qui tissent une trame, un filet, un réseau, a l’intérieur duquel la vie psychique et les cures de Marilyn se sont déroulées.”

De plus, en 1955, Marilyn prend des cours avec Lee Strasberg fondateur de l’Actor’s Studio, qui utilise une méthode d’introspection qui n’est pas sans lien avec la psychanalyse. D’autre part, elle engage sa femme Paula Strasberg pour la “coacher”, c’est a dire lui servir d’impresario mais aussi d’être sous l’influence de la “methode Strassberg” qu’elle applique a la lettre.

Nous découvrons au fil des pages une Marilyn aux antipodes de son aura médiatique: fragile, peu sure d’elle et prisonnière de son image, de ses pilules et de ses “shrinks” (“psys” en argot américain)

Eh oui, Marilyn bégayait et ce, depuis sa plus tendre enfance. Elle avait une difficulté particulière a prononcer les “M”.

Adolescente et déléguée de classe, elle balbutiait en présentant:

- “M-m-maintenant, les m-m-minutes de la précédente réunion m-m-mensuelle…”

Le “M”, initiale de mère dans bien des langues, un statut auquel elle n’a jamais pu accéder. Le “M”, initiale de Moi, difficile a gérer.

Actes manqués?

En parallèle a ses séances, Marilyn faisait des provisions de calmants auprès de son médecin traitant, le Dr Engelberg. Elle avait commencé à prendre des drogues des ses premiers essais de films a 18 ans, puis avait alourdi et diversifie les doses: barbituriques, narcotiques, amphétamines.

Marilyn était timide, croyez le ou non. Elle n’osait pas tout dire a Greenson lors des séances journalières. Elle était pudique, elle, la bombe sexuelle qui avaient les hommes a ses pieds. Et c’est ainsi qu’elle enregistra pour lui des confessions sur bandes magnétiques afin qu’il puisse mieux la comprendre…

Quand Marilyn débarque dans son cabinet Greeson est déconcerté et perplexe. Bien sur, il n’est pas insensible a son charme mais c’est sa candeur et son manque de repères qui lui font décider d’une stratégie thérapeutique révolutionnaire.

Il va tenter de la comprendre et de cerner son mystère.

Il va finement analyser son enfance troublée, avec un doute de paternité (sa mère a eu une vie assez tumultueuse) et une mère absente, insolvable puis internée dans une institution psychiatrique.

Il va la faire entrer dans sa famille et partager du temps avec elle, sa femme et ses enfants. Il va essayer de déterminer l’origine de ses problèmes: schizophrénie, dépression ou problèmes d’origine sexuelle.

“La partition qu’il a voulu jouer, celle d’un transfert” en père majeur”, comme il disait, avait basculée vers des détresses archaïques et il avait joué la musique de la compassion en ”mère mineure”…

Car le sexe est partie intégrante de la personnalité de Marilyn. Quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle dise ou ne dise pas, elle dégage des “vibrations sexuelles” lui dit pour la première fois son professeur d’art dramatique Michael Tchekov:

- “Et c’est ça que ton public vient chercher sur l’écran. Tu vas gagner des fortunes en restant simplement face a la camera, et en ne jouant presque pas.”

Mais très rapidement elle ne supporte plus de jouer les ”nunuches”, les écervelées, les “saintes ni touche” ravageuses. Elle va se rebeller, elle veut être une artiste et Hollywood la confine a être “un aphrodisiaque sur celluloid”.

Elle ne crevait pas seulement l’écran, elle le brûlait et subissait en retour la brûlure des cameras qui lui volaient son ame.

Elle voulait imiter son idole Jean Harlow. Elle sera imitée par Jayne Mansfield et Madonna.

Elle rêvait d’être une “intello”, il rêvait d’être metteur en scène. Un incroyable périple de trente mois entre deux êtres opposés qui formeront le couple le plus improbable d’Hollywood.

Telle est l’histoire. Deux personnes qui ne devaient pas se rencontrer et qui ne purent se quitter.

Michel Schneider. ”Marilyn dernieres seances”. Roman publie chez Grasset. Prix Interallie 2006.


Réponses

  1. Ouah!! Il y en a qui pratiquent le “hors-blog” comme d’autres le “hors-piste”… On est bien loin d’”En Forme à Sion”… J’aurais aimé avoir la suite de Bogen64, mais j’imagine bien que le DVD de “The Misfits” n’a pas échoué dans un gmah’… Enfin, le’avdil, notre Sarah Imenou etait parait-il une tres belle femme également, la sagesse et la foi en plus… Shabbat Shalom !

  2. Cher AX,

    Je suis assez eclectique dans mes gouts, je l’avoue. J’essaye de ne pas choquer et de rester toujours courtois.

    Rassures-toi, la suite de Bogen 64 arrive…

    Shabbat shalom,

    Didier


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