- “Regarde toujours en dessous de toi et tu seras heureux”
- “Il n’y a qu’une seule personne qui me commande: c’est mon patron!”
- “Trouve un job sur, avec de bons avantages sociaux et un plan de retraite intéressant”
- “Joue la sécurité, ne prends pas de risques et surtout ne fais confiance a personne”
- “L’argent fout la guerre et surtout avec la famille…et les amis”
Ce sont les messages qui ont berce mon enfance et mon adolescence.
Je ne les écoutaient pas trop, ou plutôt je ne voulais pas les écouter. Ils me semblaient si éloignés d’une quelconque réalité et surtout si peu propices a la confection d’une formule gagnante que j’ai recherche des mon plus jeune age.
Et pourtant, ces mots si prégnants ont imprime fortement sur la feuille alors vierge de mon âme d’enfant et ont influence plus que de raison mon “Parcours d’obstacles” (lire le post éponyme).
Se débarrasser des injonctions toxiques inoculées des le début de la vie est un tache peu aisée.
Histoire d’un “reverse engeneering”…
Mon père, qu’HM lui procure une fin de vie longue et sans souffrances, est un homme qui est arrive en France en 1955 en provenance du Maroc.
D’après ce que j’ai cru comprendre en reliant bout a bout les morceaux d’historiettes; que j’ai recueilli auprès de lui, de sa famille et de ses rares amis; il était relativement florissant au Maroc, c.a.d. un célibataire “dans les affaires” qui se préoccupe du jour présent en conjuguant l’adage “Carpe diem” a tous les temps.
Puis est venu le temps de “l’Alya” en France, ce qui pour lui a signifie une “yerida” financière et un début de repli sur soi dans une chambre de bonne du 17 eme. Petits emplois peu rémunérés, transports en commun longs et pénibles, insatisfaction au quotidien, gratification proche du zéro…
Résultat des courses:
Un homme aigri, peu mis en valeur avec une “self esteem” au plancher et un moral dans les chaussettes!
Un être pétri d’expressions idiomatiques répétées en boucle et qui circonscrirent sa vie du genre:
- “Tu m’as enlevé une epine du pied”…a croire que son pied était un véritable porc-epic qui se payait une épilation au laser!
- “Une balle de revolver peut vous rater, mais un courant d’air ne vous rate jamais!”…ca c’était la phrase clef pour nous interdire d’aérer l’appartement en sa présence!
Je ne voulais plus entendre ces injonctions a longueur de journée, qui me brûlaient l’ame et me stressaient le corps et je faisais tout pour fuir cet univers familial étriqué (sport, musique, colonies de vacances puis voyages, couchages chez les copains…et jusqu’à fuguer une semaine entière en désespoir de cause!).
Pour survivre dans cet environnement hostile, j’ai décidé de “passer en force”, comme on dit en hébreu: “Im lo bemoach az bekoach!” et de prendre le contre-pied en tous points:
- J’allais au lycée avec mon sac de sport pour cartable et ma guitare pour plumier;
- Je faisais du sport de compétition dans une famille de “Couch potatoes”;
- J’ai arbore tous les looks (baba-cool, sportif, skinhead, punk de luxe. rétro, bcbg, religieux…j’en passe et des meilleures!) pour le provoquer;
- J’ai choisi une profession libérale pour éradiquer le “Démon de la Banque” (j’avais effectue deux stages d’été au Crédit Lyonnais qui m’en avaient vaccine pour la vie!);
- J’ai tenu a réussir financièrement pour lui prouver que c’était possible;
- J’ai eu sept enfants, BHM, alors qu’il n’en voulait qu’un (il en a eu deux…aux forceps!);
- J’ai acheté une grande maison pour oublier le deux pièces-cuisine…dans lequel ils vivent encore aujourd’hui;
- J’ai eu des voitures pour ne pas faire subir a mes enfants les affres du train et des autobus pendant les vacances;
- J’ai appris a mes enfants a nager, a faire du vélo, a skier, a jouer au tennis et a monter a cheval pour conjurer le sort des immigres tunes qui jouaient au rummy en mangeant des glaces au sabayon…et de leurs confrères marocains qui sirotaient du thé a la menthe en ressassant le passe en V.O!
Ma mère, arrivée de Tunisie quelques années plus tard résidait au Havre, sa première affectation aux PTT (Petit Travail Tranquille), l’ancienne appellation de France Telecom, désormais Orange.
Pas d’ambition démesurée de ce cote-la non plus, mais un sens inné de la débrouillardise et une bonne humeur a toute épreuve bien chevillée au corps (il lui fallait bien ca!).
D’où un amour sans borne pour ses enfants “kilsonbos” et une absence de limites dans la gâterie (au sens propre) de ses chères têtes brunes.
On pouvait ainsi entendre des propos démesurés de ce genre:
- “Mon chéri, veux-tu un autre steak, le tien était très petit?”;
- “Comme ce pull en cachemire te vas bien, prends donc le gilet assorti!”;
- “Tu veux un diamant a l’oreille comme Pecci le tennisman! Eh bien, je vais en acheter une paire de plus grosse taille, comme ça quand tu t’en lasseras je les prendrais pour moi…”:
- ” Je voudrais aller a la Bar Mitzva du fils de Lulu, mais il y a “l’ezger” de Tata Mathilde le même soir…peut-être qu’on peut faire les deux si on y va plus tôt et qu’on fonce au deuxième en taxi!”;
- “Mon fils, il est tellement précoce qu’il est sorti avec sa monitrice de colonie de vacances!”;
- “Didier, tu as le bac et tu n’as que 16 ans! Tu devrais “tenter Médecine”, comme ça même si tu rates deux fois, tu n’auras que 18 ans, soit l’age ou tout le monde le passe…”
Chez nous, c’était l’éducation “a la tune”, c.a.d que les garçons étaient considérés comme des “vaches sacrées”, ils ne faisaient rien et on ne les bousculaient pas. Foin de de mise ou de debarassage de table et encore moins de vaisselle sacrilège. J’étais lave, nettoyé et récuré chaque jour jusqu’a l’érythème cutané!
Mais le “maître kif” pour ma mere, c’était de faire les courses, le marche, les achats, les soldes, les ventes de charité…enfin tout ce qu’une vraie “born to buy” peut acter pour assumer sa boulimie compulsive de shopping en tout genre…
Abscences de limites, d’où:
- Une difficulté a gérer le temps et l’organisation personnelle et collective;
- Un appétit féroce pour “profiter” de la vie et surtout de choisir en permanence la formule “toutes options” pour s’assurer en tout temps une gratification immédiate ;
- Une absence de logique économique: “Prends tout ce que tu peux aujourd’hui, on ne sait pas ce que demain nous réserve!”;
- Relativiser les problèmes en les minorant a leur PPDC (plus petit diviseur commun).
Faire le grand écart entre ces deux personnalités antagonistes, véritable “alliance de la carpe et du lapin”, n’était pas (pour une personne d’un grande raideur articulaire telle que moi) une position des plus confortables. Et a aujourd’hui encore, des messages contradictoires m’assaillent et je reconnais qui de l’un ou de l’autre de mes géniteurs en est la source…
Mais un jour ou l’autre, il faut “faire le deuil” de ces messages subliminaux qui perturbent le cours de notre existence en interférant dans nos processus de décision.
Nous sommes en effet, très influences par ces messages parentaux toxiques qui sont inocules des le plus jeune age et font partie intégrante de notre formule sanguine…ils se transmettent de génération en génération telle une “patate chaude” avec laquelle le récipiendaire, se brûlant les doigts, la repasse “tout naturellement” a ses enfants sans pour autant la refroidir!
Ils nous faut pour échapper a cet état de fait:
- Nous accepter tels que nous sommes et augmenter notre “self-estime”;
- Renforcer nos talents et minorer, en les “travaillant”, nos faiblesses;
- Faire taire les railleurs de tout poil, les cyniques et les gens péremptoires “qui ne veulent que notre bien”;
- Ne pas se “descendre” soi-même, il y a tellement de gens qui le font mieux que nous!”;
- Augmenter sa résilience, en minorant son coefficient d’attrition et en renforçant sa capacite de rebondir face a l’adversité;
- Enfin, vivre sa vie sans complexes et opérer ses choix sans hésitations et sans regrets.
“Car la différence entre quelqu’un qui réussi et quelqu’un qui réussit moins, c’est que l’un a fait moins d’erreurs que l’autre!”
(Jack Welch. Patron historique de General Electric. Meilleur performer du marche sur 20 ans consécutifs).
J’aime bien ton programme methode Coue… Je pense seulement que ce “re-engeneering” comme tu dis n’est pas autre chose qu’une bonne analyse… Tout ce dont tu parles, Freud et ses disciples apres lui ne disaient pas autre chose. La question que je me pose est: la kippa est-elle compatible avec la psychanalyse, ou comme le disent certains cette derniere n’est-elle pas une pratique à repousser…? Je crois que c’est Rabbi Zoushia d’Anipoli qui se balladait avec deux ptakim dans la poche: dans la poche de gauche, le passouk des Pirkei Avot “saches d’ou tu viens, ou tu vas, et devant qui…” et dans la poche de droite: “chacun doit se dire: c’est pour moi seul que le monde a été créé”; ainsi faisait-il la balance entre self-estime et anava…
Par ax le 29 novembre 2007
à 7:32
Cher AX,
Merci pour ton feedback energetique!
Comme je le dit souvent, en public comme en prive, je ne pretends pas inventer la roue…cad creer ex-nihilo des theories (comme disent les curetons: “Je ne me prends pas pour D. le pere!”).
Et si ce n’est qu’une bonne analyse, dayenu!
Concernant le mariage de la psy et de la kippa, c’est un vaste debat. D’ailleurs j’ai transmis pas plus tard qu’hier (sur papier) mon blog integral a une psy “avec couvre-chef” et lui ai demande d’intervenir retroactivement sur certains sujets psy que j’aborde dans mes posts.
Comme je te l’ai deja dit, j’ai opere la meme demarche avec le Rav Elinson et depuis il ecrit la parasha de la semaine.
Qu’en penses-tu? L’avis du rabbin et l’avis du psy plus celui des blogeurs sur le meme post!
Je pense pour ajouter une petite “mila debdichuta” que c’est le mariage de la klippa et de la psy qui est incompatible…
J’aurais adorer avoir Rabbi Zushe comme Rav, pere, Rich Dad ou coach…mais ce n’est pas le cas et a chaque generation ses reperes pour naviguer dans l’obscurite de ce monde en phase terminale.
D’ailleurs, dans mon post precedent, j’avais cite le Pirke Avot et son conseil afferant a la multiplication de la prise de conseil afin de renforcer sa comprehension des choses.
Me concernant, j’ai ete comme beaucoup de petits garcons juifs lourdement charge par des messages forts, toxiques pour certains d’entre eux et contradictoires du fait de l’antagonisme des socio-types parentaux.
Et au moment de prendre des decisions cruciales comme celle d’un changement d’orientation, cela pese des tonnes, car il faut, en plus de la lutte pour y arriver, rajouter la lutte interne pour faire taire ces messages subliminaux qui reapparaissent a tout moment.
En esperant avoir repondu a tes atermoiements.
Amicalement,
Didier
Par didier1 le 29 novembre 2007
à 9:29
Good luck;
Petite confusion linguistique de ta part, pour info… Atermoiement, de atermoyer → a-terme-oyer «remettre à plus tard, chercher à gagner du temps».
Par ax le 29 novembre 2007
à 9:54