J’étais invite cette semaine chez des amis a une soirée afin de ramasser des fonds pour les enfants de Sderot a travers Amit, une association qui s’occupe plus particulièrement d’éducation d’enfants en Israël.
Réunion d’amis avec buffet dînatoire soigne puis description de l’action d’Amit et interventions du responsable de la sécurité a Sderot ainsi que d’un “victimologue”.
Réactions diverses et variées des intervenants…et a ce moment précis, je n’ai pas pris la parole et trottaient dans ma tete les paroles de la chanson “Poulailler song” d’Alain Souchon:
- “Dans les poulaillers d’acajou, les belles basses-cour a bijoux, on entend la conversation d’la volaille qui fait l’opinion, qui dit…”
Il n’est jamais trop tard pour bien faire!
Tout d’abord, je tiens a souligner l’initiative de nos amis “les L.”, pour l’organisation de la soirée, tant pour le cote logistique que pour la cause choisie. En effet, mettre a disposition son intérieur, son temps et ses moyens au service de la communauté est l’objectif suprême du juif qui en s’identifiant a son créateur, s’associe avec lui pour redistribuer ce qu’il a reçu lui-même.
J’ai interroge l’initiateur du projet qui m’a assure que l’événement était un franc succès selon les dires même des récipiendaires ce dont j’ai doute moi-même au regard de certaines réactions du public.
Après les échanges de courtoisie autour du buffet, la vice-présidente d’Amit nous a fait une présentation pertinente de l’action de son association en Israël et cela depuis plus de 60 ans! Soit plus de 20 000 enfants pris en charge dans tout le pays et en particulier dans les zones dites “périphériques”, situées en dehors des grandes agglomérations ou dans les “ezore pituach”, les villes “de développement”. Une performance hors du commun et pourtant…
Sur Sderot, Amit ne se contente pas de “faire tourner ses écoles”, il faut tout d’abord convaincre les enfants de venir a l’école puis de les y faire rester. C’est compter sans les “kassamim”, ces missiles artisanaux qui se perfectionnent de jour en jour tant en portée qu’en charge destructive.
Car quand la peur s’empare des habitants d’une localité, la raison n’a plus cours!
A chaque alerte qui dure 15 secondes, les enfants s’enfuient vers les “miklatim”, les abris prévus a cet effet (quand ils existent et sont équipés correctement) en laissant au sol leurs cartables. Pendant ce temps leurs mères stressent et déclenchent les appels par “péléphone”, le téléphone cellulaire miraculeux…jusqu’a ce que le reseau sature et le appels ne passent plus!
Les mères quittent leur travail car les alertes sont incessantes. La semaine dernière plus de 100 missiles ont été tires sur Sderot! Les enfants sont paralyses a l’idée de retourner a l’école et ont tendance a vouloir rester a la maison…le cercle vicieux s’installe et se renforce chaque jour.
Puis le responsable de la sécurité de Sderot nous a explique avec beaucoup de pudeur la situation au quotidien:
- plus d’un tiers des habitants n’ont pas de chambre blindée dans leur habitation;
- le chômage est endémique et la paupérisation gagne du terrain chaque jour;
- les maladies psycho-somatiques sont légion. Il ya une nécessité de soutien psychologique pour les enfants, les parents et même les enseignants (qui sont eux-mêmes des parents!);
- les gens qui ont la possibilité et les moyens de quitter Sderot le font ou l’ont déjà fait et ne restent que les “desperados” et les militants qui y croient encore;
Il a compare Sderot a un arbre (nous étions le lendemain de “Tu bishvat”, le nouvel an des arbres) qui a été abattu par la tempête mais dont les racines sont encore solides. Et il ne dépend que de nous de replanter solidement l’arbre…ou de laisser se rompre ses racines du tronc!
Laisser dépérir Sderot, c’est compromettre Israël tout entier, car c’est l’objectif de nos ennemis: saper notre moral en nous empêchant de vivre normalement sur notre sol et repousser chaque jour un peu plus la zone frontalière en danger.
Puis le “victimologue” (aussi psychiatre, psychologue, spécialiste des victimes de guerre et des familles “shakulot”, atteintes par la perte d’un enfant lors de sa conscription) a expose son opinion sur ce que vivent les enfants de Sderot chaque jour:
- des traumatismes a répétition qui engendrent des symptômes qui peuvent être conserves une vie durant et ressurgir sans crier gare des années plus tard;
- des problèmes de développement personnel et d’évolution physique et intellectuelle;
- des problèmes affectifs dus a des familles éprouvées par la situation de tension perpétuelle qui perturbent autant les familles que les couples dans leurs relations au quotidien.
- des retards scolaires, de compréhension, de concentration et d’assimilation du matériel scolaire.
Puis la session des questions-réponses est arrivée:
- Pourquoi faut-il en arriver a sponsoriser des associations a but non lucratif pour initialiser ce que le gouvernement devrait implémenter?
- Pourquoi Amit est-elle une association apolitique?
- Des millions d’euros ont été déjà récoltés pour aider Sderot, ou sont ces fonds?
- Le maire lui-même serait sous enquête pour détournement de fonds. Est-ce exact?
Ces questions ont été applaudies, en jetant un froid sur ce qui avait été dit précédemment et j’ai quitte la salle pour faire un tour dans la cuisine et me rafraîchir d’un verre d’eau tout en pensant a des réponses capables de renverser la vapeur.
Je me disais surtout que si nous réagissions ainsi, alors que deviendrait-il des enfants de Sderot?
Si nous les “nantis” qui appartiennent au “assiron haelion”, le décile supérieur, voire le “alpion haelion”, le pour cent ultime pour certains participants a cette soirée adoptaient cette attitude de rejet ou de déni face a la nécessité d’aider des organisations telles qu’Amit, c’était le début de la fin!
Et d’affirmer qu’en effet, Israël est perfusé d’initiative privée qui se substitue a ce qu’un gouvernement normal devrait assurer.
Mais Israël n’est pas un pays normal car il:
- consacre une partie substantielle de son budget a la défense de son territoire;
- possède un million et demi d’habitants qui vivent sous le seuil de pauvreté dont une moitie d’enfants;
- comptabilise plus de deux millions de sur-endettes chroniques qui ont peu de chance de sortir du “rat race” (lire le post éponyme);
- est entoure de 200 millions d’arabes hostiles qui prient et oeuvrent directement ou indirectement pour sa disparition de la carte du Proche-Orient;
- n’a que 60 ans d’age et fait rêver et baver bien des pays pluri-centenaires qui lui envient son développement exponentiel et son avance technologique…
C’est sur qu’il y a des abus et que certaines personnes ou organisations indélicates sont promptes a détourner l’aide internationale a leur profit (y compris certains hommes politiques ou appartenant a la haute sphère publique israélienne). Mais doit-on cesser d’aider ou de subventionner des initiatives vitales du type de celles d’Amit qui œuvrent dans des contextes extrêmes du type de celui de Sderot?
Sans notre soutien que deviendraient les:
- Meir Panim et consorts qui servent chaque jour des dizaines de milliers de repas chauds a travers le pays;
- Zichron Menachim et autres qui ameliorent le quotidien des enfants atteints de cancers;
- Alin, Shalva, Kav Lachaim et confrères qui facilitent la vie des enfants handicapes a Sion;
- Ezer mitzion pour sauver des vies a chaque instant;
- Zaka pour accourir sur le théâtre des victimes de terrorisme et s’en occuper selon les exigences de la Halacha…
…la liste n’est pas exhaustive, hélas!
HM a crée la pauvreté et le dénuement dans le seul but de provoquer la solidarité des uns vis a vis des autres, pour que ceux qu’Il a place au 1 er rang se tournent vers le 2 ème rang pour leur porter assistance et ainsi de suite…de crainte de rétrograder les indifférents a des rangs que leur indifférence justifie pleinement!
Alors de grâce, donnez d’un main large et sans restrict’ Sion intellectuelle ou partisane. Et ne laissez pas la raison dominer votre passion. Déchaînez votre cœur sans moder’ a Sion!
Soixantième anniversaire d’Israël : Le sens unique sera-t-il éternel ?
Le soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël demeure l’une des meilleures occasions de faire un appel à la connaissance et à la reconnaissance mutuelles, à la fraternité et à la paix.
Que le monde arabo-musulman voulait aujourd’hui partager ses millions de Km2 avec les palestiniens, il n’y’ a pas de problèmes, mais qu’il laisse vivre les enfants d’Israël sur les quelques milliers de m2, sans essayer de les tuer au nom de leur religion. Parce qu’entre les appels aux suicides et le djihad, les attentas et les guerres d’exterminations, le peuple juif a assez payé…il devait avoir soif de paix, de tranquillité, de respect.
J’aspire à l’amitié des peuples dans la reconnaissance de chacun en tant que tel, sans convoitise, sans perversion. Voila, c’est mon cri à moi, ma chanson, celle du vrai Shalom pour ce soixantième anniversaire de la renaissance d’Israël.
Je n’ai jamais doute qu’un jour prochain, nous aurions la paix entre Juifs et Arabes, mais il faut que le Hamas et Abbas (qui est du pareil au même) changent leur mentalité de haine, apprise au sein de leur mère.
Dans son attitude vis à vis des Juifs, le monde musulman d’aujourd’hui se dirige vers l’exemple de l’Allemagne des années 30, époque où l’État soutenait les insultes antisémites les caricatures anti-juives, des théories du complot et une violence sporadique, préparant le meurtre de masse qui devait suivre. C’est la même chose qui arrive en ce moment. Les propos sauvagement accusateurs comme ceux de Ahmadinajed sont devenus courants. Les violences verbales contre les Juifs ont atteint un taux inquiétant dans les trois dernières années.
Ces propos peuvent facilement servir de préparation psychologique au lancement, un jour, d’une attaque contre Israël au moyen d’armes de destruction massive. Les armements chimiques, biologiques et nucléaires pourraient prendre le relais d’Auschwitz, Buchenwald et Dachau. Des millions de Juifs pourraient payer le prix dans un autre holocauste…et nous seront ce jour là tous responsables.
Seule la connaissance de l’histoire, le respect de l’existence d’Israël et le dialogue avec le peuple juif permettront de dépasser l’ignorance dont découlent les malentendus et les incompréhensions. Le plus grand ennemi des arabes c’est le gouffre de l’ignorance, ou pire encore le manque de leur volonté de reconnaître que la présence juive était permanente au cours des siècles, sur un territoire, qui connut un Etat juif (Medīnat Yisra’el ) avant même toute implantation de l’Islam.
Le droit historique du peuple juif sur cette terre est fondé aussi dans tous les Livres religieux et juridiques de l’Humanité. Est t-il utile de rappeler La Sourate XVII, 100-104 et V, 20-21 du coran qui affirme clairement que la Terre d’Israël a été donnée, non aux enfants d’Ismaël, qui ont reçu l’Arabie, mais aux enfants de Jacob, donc au peuple d’Israël. Le commandement fondamental de l’Islam étant la soumission à Dieu ; se révolter contre Israël, c’est se révolter contre Dieu.
C’est ici le rôle des dignitaires musulmans de convaincre les populations musulmanes qu’ils peuvent être favorables à l’Etat d’Israël et la religion juive sans renoncer ni renier leur culture arabe et islamique.
Pour notre part, nous considérons qu’il y a beaucoup de juifs et d’israéliens qui expriment librement leur solidarité et leur compassion avec les palestiniens et qu’il est temps que les Arabes s’expriment aussi dans ce sens.
C’est pourquoi nous insistons qu’il faut être aujourd’hui solidaire avec l’Etat d’Israël .l’Etat juif est une chance pour la région. Israël est un Etat légitime et ne représente pas un danger mais plutôt une richesse culturelle indispensable pour le Moyen-Orient, qui s’ajoute à sa richesse naturelle en pétrole.
L’islam à la Mecque, et il n’est que justice que le judaïsme puisse être présent en Israël et à Jérusalem .La diversité ne devrait pas être uniquement prônée en Occident mais aussi encouragée dans le Monde entier .
Nous devons aussi apporter notre soutien à un Moyen-Orient qui respecte et défend les droits de l’Homme, l’égalité devant la loi de toutes les minorités.
Nous savions bien que la majorité des palestiniens disposent d’alternatives mais ils ne peuvent les mettre en place à cause de leurs dirigeants, de la Ligue Arabe et de pays musulmans qui ne veulent pas que les palestiniens puissent vivre en harmonie avec Israël !
Si les palestiniens aspirent à la démocratie, ils peuvent commencer à la pratiquer dès maintenant en s’inspirant d’Israël qui fête ses soixante ans .Sauf qu’ils doivent tout d’abord être fermement opposés à tout suicide et terrorisme sous forme de Jihad.
Les palestiniens doivent être les premiers à se sentir consternés et atterrés par l’acte terroriste de la Yéshiva Mercaz HaRav de Jérusalem (1) .C’est pour cela, que nous appelons les médias arabes à arrêter leur incitation à la haine et leur désinformation qui se traduit par la rage et la violence.
Aimant Israël et le Peuple Juif, je déplore l’antisémitisme montant dans nos pays, et l’indifférence du plus grand nombre. Je trouve dangereuse la partialité de nos journaux et télévisions à l’encontre d’Israël, partialité qui fait malheureusement grandir encore le sentiment anti-Juif. Je regrette aussi, et je suis en permanence choqué par l’attitude de nos pays et du monde arabe, à l’égard d’Israël.
Si on défend la paix, on doit en premier lieu lutter contre l’antisémitisme car nous pensons que chaque juif a sa place sur la terre d’Israël. L’humanité est une Grande Famille et il est de notre devoir d’aider les israéliens qui souffrent depuis soixante ans d’un terrorisme aveugle.
Nous, en Tunisie, nous nous sentons loin de ces problèmes mais nous ne devons pas nous complaire dans notre situation car ce serait ignoble. On devaient être aussi solidaire avec le peuple juif persécuté depuis des siècles et qui mène aujourd’hui un combat pour son existence pour la démocratie et la liberté.
Il nous faut agir, participer aux manifestations juives, se mêler aux actions de solidarité avec Israël. La solidarité ne pourrait avoir un sens unique.L’amitié entre les peuples passe nécessairement par la compréhension des soucis des israéliens : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Vayikra 19 : 18). C’est l’une des meilleures des règles que nous avons trouvées auprès du Peuple juif (2).
Au soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël, nous avons conscience de toute l’injustice et du désarroi que connaît la population du sud d’Israël, ainsi que les familles des soldats otages. Et même si nos pays et nos médias sont silencieux, ou pires encore, ils encouragent le déchaînement de la haine meurtrière contre l’Etat juif, nous voulons faire notre possible pour faire entendre notre voix.
Nous exprimons à votre Peuple et à Israël toute notre solidarité, notre soutien et notre amitié inconditionnels.
Ftouh Souhail, Tunisie
souhailftouh@hotmail.com
(1) Le 6 mars 2008 un terrible attentat est perpétré contre l’école talmudique yéshiva Merkaz Harav en plein centre de Jérusalem, C’était la pire des attaques terroristes en Israël depuis 2006, huit étudiants ont été tués. En plus, ce jour avait coïncidé avec le premier jour du mois d’Adar qui aurait du être pour les juifs un jour de fête mais qui s’est transformé en jour de deuil.
(2) Pour Rabbi Akiva, il s’agit là de la règle la plus importante de la Torah. Et chacun se doit de se préoccuper du bien-être et des biens de son prochain comme de ses propres biens. Il est recommandé à chacun d’honorer ses amis de même qu’il souhaite être respecté (Rambam Hilkhot Déot 6 : 3).
Dans le Sefer Hamitsvot, Rambam écrit notamment : « le 206éme commandement de la Torah est « d’aimer son prochain comme soi-même » et l’amour et la compassion pour les autres doit s’appliquer à tous les niveaux et dans toutes les circonstances. Nous nous devons de préparer à assurer pour l’autre ce que nous souhaitons pour nous-même. Si tu n’aimes pas quelque chose, assure-toi que ton ami ne risque pas d’en souffrir… C’est cela que veut dire la Torah au travers du verset “Aime ton prochain…” ».
Par ftouh Souhail le 19 mai 2008
à 12:07
Cher Ftouh,
Quelle verve et quel talent…Ce n’est pas le “plaidoyer pour mon peuple” d’Herbert Pagani, mais le “plaidoyer pour ton peuple” de Ftouh Souhail!
Je suis heureux de lire ces belles paroles qui sortent du coeur et rentrent dans le coeur du lecteur.
Qu’elles croissent et se multiplient sans limites jusqu’a la venue du Messie liberateur.
Amen,
Didier
Par didier1 le 20 mai 2008
à 1:24