Y a t-il une vie après la vie?
Qu’allons-nous trouver “meachore hapargod”, de l’autre coté du paravent, une fois dans l’autre monde?
Une question qui n’en est pas une pour des Bne Israel, “maaminim bne maaminim”, des croyants fils de croyants que nous sommes.
Pourtant, dans la littérature populaire et dans l’industrie cinématographique qui adapte ses œuvres, croissent et multiplient les sujets ayant trait a l’au-delà en général et a ses corollaires qui sont la prise de conscience, le repentir et le remords.
Analyse d’une tendance en double aveugle…
Comme vous le savez, je suis un lecteur avide et ces derniers temps, j’ai eu l’occasion de me “farcir” l’intégrale de trois auteurs dont les œuvres convergent sur les mêmes thèmes:
- la vie après la mort;
- le retour vers le passé et les imbrications de situations a des époques différentes;
- les témoignages de “mort imminente” et les retours en ce monde de leurs bénéficiaires;
- la “deuxième chance” est-elle possible?
Tout d’abord, Douglas Kennedy, que j’avais classé dans les petits nouveaux du polar (lire “Polar aux Yids”) et qui surgit dans un style nouveau avec sa “Femme du V ème”, un roman fantastique d’une rencontre entre un américain qui débarque a Paris en rupture de ban et une belle hongroise mystérieuse qui lui donne rendez-vous dans son pied a terre du V ème arrondissement de Paris tous les trois jours entre 5 et 7…
On se doute bien de ce qu’ils font entre 5 et 7!, si ce n’est que les ennuis du héros se résolvent a mesure qu’il se confie a elle…et qu’il découvre qu’elle est morte il y a trente ans!!!
Chassés-croisés improbables et vengeances post-mortem, a l’aune du châtiment subi a son époque, et enchaînement “obligatoire’ du héros récipiendaire a son beau fantôme.
Marc Levy ensuite, auteur a succès et récidiviste des histoires d’amour entre:
- un homme et une femme entre la vie et la mort (“Et si c’était vrai?” et “Ou est-tu”);
- deux vies qui se croisent pendant des années (“Vous revoir”);
- les émissaires du Diable et du Bon D. qui ont 7 jours pour faire triompher leur camp (“7 jours pour une éternité”);
- Jonathan et Claire qui s’aiment et se croisent dans toute l’Europe un siècle d’intervalle (“La prochaine fois”)…
Multiplication des “aller-retour” dans le temps, des modifications des destins en fonction de la connaissance du passé et du futur. Des roman a la fois thrillers et fantastiques avec une belle histoire d’amour a la clé qui nous font avaler toutes les couleuvres de la Foret de Fontainebleau après l’orage!
Enfin, le petit dernier et le plus jeune des trois (38 ans et un roman par an depuis 2004), Guillaume Musso qui, après un accident a 25 ans dont il sort indemne, ressent l’urgence de vivre que la mort imminente peut provoquer.
Amoureux de Manhattan, ou il habite pendant quelques mois a l’age de 19 ans, il commet des comédies romantiques ou thriller et surnaturel s’entrelacent en provoquant des retournements de situations et un “twist ending”, une surprise dans leur dénouement.
Au programme:
- “Et après” : Nathan survit a une noyade après avoir sauve Mallory, sa future femme et devient un “Messager”…deuil et fragilité de l’existence;
- “Seras-tu la?” : Vivre avec soi-même, 30 ans après…vieillesse, remords et regrets;
- “Sauve-moi” : Une rencontre qui change la vie de Sam et Juliette…rôle du hasard et du destin;
- “Parce que je t’aime” : résilience, capacité a résister a l’adversité, a surmonter les épreuves pour en ressortir plus solide.
En bref, l’époque demande et redemande de l’amour et ce n’est pas une nouveauté!
Mais plus que cela, les écrivains se posent a nouveau des questions sur la fragilité de la vie et ses incertitudes. Et le public s’identifie comme un seul homme et se reconnaît dans ces héros qui leur ressemblent. Ils puisent dans ces pages un peu de rêve et un peu d’espoir qui calme leur rage et leur impuissance face au destin qu’ils ne peuvent pas maîtriser…
Mais nous, en quoi tout cela nous parle-t-il?
N’avons-nous pas mieux a faire que de nous repaître de ces histoires de midinette a l’eau de rose?
Je ne le pense pas, car le voyage a travers le temps est un exercice auquel nous nous livrons régulièrement avec bonheur et délice. En effet, chaque fête est un nouveau prétexte pour “transmuter naturellement”:
- chaque Souccot, nous restons une semaine sous la protection divine tels nos ancêtres sous les “nuées de gloire” dans le désert;
- chaque Pourim, nous retournons a Suze pour revivre avec Mordechai et Esther, déjouer les plans du vil Aman et fêter notre délivrance soudaine et inespérée;
- chaque Pessah, nous sortons d’Égypte a la hâte, notre pâte a la main et traversons la Mer Rouge a pied sec poursuivis par les égyptiens sur leurs chars puissants et nous retrouvons la terre ferme sains et saufs alors que nous ennemis sont noyés dans la mer qui s’est refermée sur eux;
- chaque Shavuot, nous recevons la Torah au pied du Mont Sinaï…
Qui plus que nous peut vibrer en partageant des intrigues auxquelles les histoires de nos Rabbanim et notre tradition de “guilgoulim”, transmigration des âmes au travers des générations, nous ont préparè depuis la plus tendre enfance?
N’avons-nous pas appris toute la Torah avant de naître, quand l’ange nous a frappé sur la bouche, afin de l’oublier pour mieux la ré-apprendre en ce monde-ci?
Ne savons-nous pas que certains grands érudits, tel le Ramchal (Rabbi Moshe Haim Luzzato), ont écrit de façon automatique sous la dictée d’un Maggid qui les visitaient en état de catalepsie?
Ne prions-nous pas pour nos disparus afin qu’ils veillent sur nous et nous protègent?
Ne sommes-nous pas persuadés que chacune de nos actions, de nos Mitzvot et de nos Maassim Tovim, aura une répercussion sur notre aura dans le monde futur?
Temps spiral ou nous nous arrêtons chaque semaine a la station du Shabbat, ou se compilent tous les Shabbatot de l’histoire, pour en respirer le parfum qui est un petit aperçu du “Yom shekoulo shabbat”, le jour de la délivrance ou nous entrerons enfin dans un Shabbat éternel.
Hasard, qui ne nous concerne pas, car nous le savons bien: “Ein mazal le Israel”…nous bénéficions d’une providence divine individuelle a Sion et collective dans le reste du monde.
Regrets, remords et possibilité de deuxième chance, c’est la description du Yom Kippour ou nous pouvons avouer et regretter nos fautes en promettant sincèrement de ne pas les refaire et recevoir ainsi le pardon divin.
La vie après la mort, c’est une évidence qui nous fait vivre, accepter et supporter les vicissitudes de ce monde d’apparences et de mensonges par la promesse d’un monde futur dématérialisé et lumineux.
Alors, littérature populaire délirante ou prise de conscience collective de l’existence d’un Créateur qui a crée, maintient et dirige son monde selon sa volonté et qui a programmé l’avènement du Mashiah, son oint qu’il enverra nous délivrer?
Délivrance qui se fera en son temps, si nous ne le méritons pas, et que nous pouvons accélérer en augmentant nos mérites.
Que ce mois de Nissan qui commence soit le théâtre de la “Geoula shlema”, la délivrance totale et complète!
Amen
super!
Par eli le 8 avril 2008
à 5:06
Cher Eli,
C’est court, mais ça me fait du bien que ça vous ai plu.
Si vous avez le temps, dites-moi:
- qu’est-ce qui vous a plu dans le post?
- pourquoi ça vous plu?
- qu’est-ce que ça vous a apporté ou amené a penser?
Tout cela est très important pour moi. Pour l’instant présent et aussi et surtout pour le futur…
Merci d’avance et bienvenue sur En forme a Sion,
Didier
Par didier1 le 8 avril 2008
à 5:31
Objection votre honneur !!!
Il est vrai que ces thématiques plaisent aux âmes juives, justement par le relent de vérité éternelle, par le fait que ces romans parlent d’une réalité transcendant le monde physique… Mais ce n’est que du “Canada Dry”, du faux, du bluff… Justement, nous devrions nous éloigner de ces romans car ils nous distraient de la conception des choses dont nous devrions nous imprégner… La profondeur de la Tora, les secrets de la Tora, valent mille fois mieux que ces succédannés romanesques… Je vous renvoie au Livre d’Annaëlle, préfacé par le GR Sitruck: du mystère et des frissons métaphysiques en voila ! Et ce n’est pas du roman… Voilà pour le fond.
Pour la forme, les romans de Marc Levy se ressemblent tous, l’un moins bien écrit que le précédent… Seul le premier était un tant soit peu original… C’est un peu de la littérature (j’allais écrire de “gare”) d’aéroport… C’est facile, ça distrait, ce n’est pas vraiment de l’art littéraire… Ses bouquins sont à la littérature ce que les feuilletons américains sont au 7eme Art…
Par AX le 8 avril 2008
à 6:11
Cher AX,
Je comprends ton point de vue et je l’accepte volontiers.
Néanmoins, si chacun des bouquins cites se vend a plus de 500 000 exemplaires et plus, c’est qu’ils plaisent! Et pas seulement aux gens qui ont des cerveaux rikiki et qui prennent le RER…
De plus, vu sous mon angle, lire un livre: c’est avant tout passer un bon moment. C’est un peu comme voir un film de Louis de Funes ou écouter un sketch de Coluche: ca ne vole pas très haut, mais ça fait travailler les zygomatiques…
Ensuite, les goûts et les couleurs, c’est difficilement discutable. Par exemple, j’aime bien les polards et il faut être honnête, quand on en a lu quelques uns, on connaît la chanson. Mais quand on aime ça, on recherche cette atmosphère, j’oserais dire cette musique qui rythme l’action…
J’ai lu le livre d’Annaelle, il y a quelques années. Ça m’a pris aux tripes certes, mais je n’ai pas a proprement parler un bon moment…tout dépend ce que l’on recherche a l’instant T!
Quand aux gares et aux aéroports, c’est souvent la que j’achète des poches dans les Relay…d’ailleurs, ils vendent aussi des livres très sérieux. J’aime m’acheter un petit poche, comme on achète un gâteau et me le dévorer pendant le trajet…c’est ce que les “Anglos” appellent de l’entertainment!
Tout ce qui rentre fait ventre! Et peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.
Je suis comme un toxico: quand j’ai besoin de me “fixer”, je suis prêt a tout, même a sniffer de la colle!
Pour résumer, un livre est une source de bonheur pour moi, et quelquefois les petits bonheurs qui arrivent aux moments propices donnent de grandes émotions.
Merci a ces trois auteurs populaires de faire “kiffer” tant de gens, de les faire s’evader et oublier leur quotidien pour quelques instants de reve.
Je promets de commettre aussi des chroniques littéraires plus sérieuses plus sérieuses…
Didier
Par didier1 le 8 avril 2008
à 10:40
Ok, objection rejetée… J’achète ton plaidoyer pro domo pour les romans populaires… J’ai essayé de me faire l’avocat du… de la partie adverse, disons (ah, on met du temps à se dépatouiller de la galout qui nous colle à la peau…). En fait, je crois que je vais me faire apporter de France 1 ou 2 Musso, pour voir si ils sont mieux que M.L., puisque tu m’a convaincu… Maintenant, dans le style roman romantique enlevé et qui fait rêver, Yves Simon a commis de très bons bouquins… Je me rappelle notamment avoir pas mal “tripé” sur le roman “Océans”…
En voici le résumé issu du site officiel d’Yves Simon:
“Océans est l’histoire d’une vie. A Monterville, station thermale de l’Est de la France, les océans sont de lointains mirages pour Léo-Paul Kovski, petit-fils d’émigrés juifs polonais, tendre et fantasque enfant des années 60. Pourtant, un jour, après une longue fugue, Léo-Paul rencontrera l’océan, lieu poétique et géographique de toutes les imaginations. Dès lors, il s’évadera de son enfance, quittant sa famille pour aller vivre ailleurs. Ce sera Paris,…” etc…
la suite sur http://www.yves-simon.com/
Par AX le 8 avril 2008
à 7:53
Cher AX,
Je n’aurais pas du écouter ma mère et “faire médecine”, mais “faire avocat”!
Il est vrai que beaucoup de gens “frum” se cantonnent dans une attitude de “grenouille de bénitier” en agissant tels des “culs bénis”…je ne parle pas de toi mais de cette approche chrétienne que nous avons du judaïsme!
Je ne suis pas un “ach ve rak”, mais un pluraliste, un “universaliste” (bien que le mot soit galvaude). en tout cas un “facilitant” pour vivre et transmettre a mes enfants un judaïsme fort et décomplexé.
Je ne suis pas un fanatique du “bitul zman”, sinon je n’écrirais pas ce blog et je revendique la nécessité de savoir se faire plaisir pour faire ensuite plaisir aux autres…
Concernant Yves Simon, j’ai ouïe-dire qu’il était devenu écrivain…je l’avais quitte chanteur et il a bercé ma jeunesse plutôt “baba-cool” au même titre que Maxime le Forrestier et Neil Young.
Je me souviens encore des paroles de sa chanson: “J’ai rêve New York” qui hantait mes rêves de la “Grosse Pomme” avant que je la croque pour mes 18 ans:
- “Si tu veux faire “mac”…roule en Cadillac;
- “Si tu veux faire “chic”…roule en Buick;
- “Si tu “Rockfeller”…roule en Chrysler”…
J’aimerais bien lire un de ses bouquins. Si tu veux me le prêter, ce serait une occasion de mettre un visage sur un nom énigmatique en diable!
@ffaire a suivre…de très prés!
Par didier1 le 9 avril 2008
à 3:58
Y a t-il une vie après la vie?
Possible..il y a 7 ans,
aprés une anesthésie de plus de 7 heures je suis “revenu”
incident cardiaque pendant l’anesthésie
mort probablement trés imminente..
et puis invraisemblable et incroyable voyage..souvenirs et images indicibles ..milliards de voix dans les oreilles…et réveil 8 heures plus tard.
j’ai demandé a ma fille le lendemain de noter sous la dictée ce que j’avais entr’apperçu..
plus revu ce papier depuis…sans doute la pétoche de se relire.
Par Rambo-Mitaine le 10 avril 2008
à 8:49
Cher Rambo,
Welcome back home!
Si tu as “la moelle” de ressortir ton récit, pour t’en délivrer (langage psy), je serais heureux de le publier en ton nom…
Ça te tentes?
Réfléchis-y et passe un bon shabbat,
Didier
Par didier1 le 11 avril 2008
à 4:25
Chavoua Tov Cher Didier
pas la “moelle” de relire ces épisodes durs et douloureux
l’ analyste conseillé par ma soeur dont c’est le job m’a gonflé au bout de deux mois
je vais peut etre te faire rigoler, mais j’ai trouvé le réconfort ou l’oubli (?)dans une frénétique recherche des origines
des Juifs d’afrique du nord
vrai rat de bibliothèques et investisseur en bouquins quand j’en trouvais
Spécialiste des ” Bahoutsim” ces juifs vivant a cheval sur la frontières algéro-tunisienne et dont le souvenir meme est en train de disparaitre..
mes “recherches” pendant quatre ans sur ces bons bougres m’ont entrainé fort moin..j’ai bénéficié des conseils de Michel Abitbol, du Yad ben Zvi de Jérusalem…du Pr Toby du département de linguistique de l’ Université de Haifa..
et ce n’était pas par hasard..en effet les parents, la famille de mon épouse sont du Constantinois et je les entendais se chamailler en se traitant de Bahoutsi ou de Chaoui..
le résultat fut surprenant car je finissais par “deviner, entrevoir..) que ces Bahoutsim qui vivaient sous la tente en nomadisant sur les hauts plateaux ou qui vivaient parmi les montagnards chaoui et kabyles, étaient d’ AUTHENTIQUES ivrim, qui représentaient la population relictuelle de ces Yéhoudim durement réprimés dans le delta du Nil et en Cyrénaique par Marcus Turbo le général romain,
aprés les “juiveries de Cyrène”
j’ai déniché dans les archives de la Bibliothèque de l’alliance Israélite à Paris un petit bijou les concernant et rédigé au début du 20 eme siècle par un Administrateur civil de l’ Algérie de l’ époque – ils me l’ont gentiment photocopié..
et je t’assures que lorsque je dis a des Atlan, des Mimouni, des Guedj , etc que ce sont des Bahoutsim, ça les agace d’abord et puis ça les fait sourire parce qu’ils le savent et sont alors heureux d’en parler avec moi
ils sont éblouis d’apprendre que Bahoutsi est loin d’etre péjoratif mais que ce sont de véritables lettres de noblesse…authentiques descendants de Judéens..
Par Rambo-Mitaine le 12 avril 2008
à 8:49
Cher Rambo,
Je réponds avec un peu de retard a ton feedback qui est un post en soi!
Comme quoi une passion peut effacer le mauvais du passe et transformer l’avenir en plaisir et en contentement…
Contrairement a toi, mon plaisir est plutôt d’observer le monde et ses habitants en prenant le temps, une denrée rare et chère et que l’instantanéité de notre culture internet tend a déprécier.
Puis j’essaie, a mon modeste échelon, d’anticiper les tendances telles:
- l’augmentation des produits alimentaires depuis quelques mois et leurs conséquences locales, régionales et mondiales;
- la “désagrégation” du mouvement “dati-leumi” depuis l’expulsion du Gush Katif (bientôt trois ans!);
- la radicalisation de la scission du monde religieux israélien et l’implosion en parallèle de chacun d’entre eux…dans des scénarios qui se ressemblent.
Je te souhaite ainsi qu’a ta famille et tes proches de bonnes fêtes de Pessah, cacheres et pleines de joie,
Didier
Par didier1 le 16 avril 2008
à 8:35