A l’heure ou j’écris ces mots, mes congénères sont en émoi.
Ils sont en train soit:
- de faire ou parfaire (ou mal faire, ou pas faire au choix) leur ménage de Pessah;
- de faire les courses pour la fête de Pessah;
- de consommer fébrilement leur “Chametz” résiduel;
- de préparer leur “pirushim”, leurs commentaires pour le “grand soir”…
En tout cas le “lachatz”, le stress est aussi palpable que l’obscurité lors de la plaie du “chosher” en Égypte!
Quelques “tipim” (tuyaux) pour optimiser le “workout” de Pessah…
Tout d’abord, Pessah est la fête de la libération. Ce doit être pour cette raison et afin de se sentir “soi-même” sortir d’Égypte, que nombre de nos frères juifs se réduisent “eux-mêmes” en esclavage domestique quelque temps avant “le jour de clarté”…en s’astreignant a un dur labeur.
Pour ma part et celle de ma tendre moitie, nous envisageons les choses de façon différente.
1/ La préparation est étalée sur la durée
Les recette miracles pour le ménage de Pessah sont légions a notre époque ou l’instantanéité prime sur la durée. Je ne rentrerais pas dans les polémiques halachiques (qui vient de polemos = guerre) qui font rage actuellement a Sion…en exprimant toutefois mon désaccord avec ces nouvelles procédures qui altèrent le sens et dénaturent la préparation de la fête de Pessah.
Ainsi mon épouse n’hésite pas a “déclencher les hostilités “a bas bruit” depuis Hannuka en s’attaquant au tri sélectif des vêtements. Exit, ceux que l’on ne porte plus depuis un an et qui feront le bonheur de gens qui en auront l’usage, ceux qui sont défraîchis et prennent inutilement de la place dans les armoires.
Puis vient le tri des chaussures, des sacs, des valises, des appareils ménagers superfétatoires (lisez le post “Zen” pour mieux comprendre ce que je veux dire par la)…jusqu’aux maillots de bain, médicaments, cartes de visites et autres e-mails.
Conserver, réparer, donner ou jeter: telles sont les quatre catégories a avoir systématiquement en tête. Il n’en existe pas de cinquième, car elle correspondrait a un “non-choix” qui reviendra a la surface l’année prochaine. Alors autant régler les dossiers en temps réel!
Une petite accélération après Purim pour l’élimination proprement dite du Chametz, des coins, des fentes, des poches en délégant a chaque habitant de la maison la gestion de son “pré carré”.
Enfin une règle d’or: avancez d’une semaine la date officielle du “closing”. Vous serez infiniment plus cool d’entrer dans la fête avec la “tête fraîche” et non la “tête farcie”…avec un espace libre dans votre disque dur qui vous permettra de réviser les halachot de la fête, que l’on oublie regulierement!
2/ La préparation est physique
Se sentir libre, c’est être bien dans sa peau et dans son corps et tant qu’a se debarasser de tant de choses inutiles, pourquoi pas laisser de cote ces kilos qui nous genent tant?
Nous pourrons alors n’apprécier que mieux les plats… et les somptueux desserts du seder (je pense a “l’Afikomen”, cette ultime quantité de matza que nous mangeons en souvenir du “korban pessah”, le sacrifice pascal pour en conserver longtemps le goût en bouche) et manger les “ka zetim”, les quantités reglementaires de Matza avec appétit et boire les quatre coupes de vin avec soif.
Quand a nous, nous avons développé une politique préventive depuis de nombreuses années…nous partons en vacances la semaine avant Pessah. C’est pour cette raison que j’ai laisse mon blog en plan depuis plusieurs jours !
Plusieurs raisons à cela :
- nous sommes a contre-courant du flux migratoire ;
- les prix sont doux et le service encore présent ;
- nous revenons reposés afin d’apprécier la fête et les efforts préalables a leur juste valeur.
3/ La préparation est spirituelle
Un mois avant la fête, on apprend les lois de la fête. Ainsi il est bon a Purim de rappeler lors du « Mishte », du festin, les lois de Pessah.
On essayera de les réviser régulièrement jusqu’au jour « J » et d’accumuler des « pirushim », des commentaires pour le soir de la veillée pascale.
Plus encore, la nuit de Pessah est selon de nombreux commentateurs, la plus sainte de l’année et le rayonnement que l’on reçoit ce soir-la pendant le seder est considérable…et nécessite une convalescence d’une semaine, soit la durée de la fête, et de prendre un remède qui n’est autre que la Matza !
Il est bon de parler a ses enfants de la grandeur et de la munificence de l’événement afin qu’ils se préparent de concert en accumulant leurs propres commentaires et vivre en direct cette sortie de « Mitzrayim », qui veut dire l’Egypte en tant que pays limitrophe a Israël, mais aussi de nos « Metzarim », ces limites que nous nous fixons a longueur d’année et qui constituent « notre propre Egypte »…
4/ Le stress doit être évacué avant le Seder
Pour notre bien-être et celui de notre famille et de nos invites, il est préférable d’entrer avec sérénité et plénitude dans la fête de Pessah car les contraintes matérielles et temporelles sont déjà présentes (manger et boire en temps et en heure, accoudés de surcroît, des quantités précises de Matzot et de vin), il ne s’agit pas de laisser s’installer des « émotions parasites » telles l’anxiété et plus encore la colère qui n’auraient pour résultat que de gâcher notre périple…
En effet, le propos du seder n’est-il pas avant tout pédagogique : « veyigadta lebincha », tu raconteras à ton fils et par extension a tous les convives réunis autour de la table pour cette transmutation collective, et non gastronomique?
Or comment transmettre de façon optimale si ce n’est dans les CNTP (conditions normales de température et de pression) ?
Comment aiguiser l’attention de nos enfants sur-nourris a l’internet par le récit de la Haggada si la conviction et la motivation ne sont pas au rendez-vous ce soir-la ?
J’envisage cette année, mais ce n’est ni un conseil ni une suggestion, de chanter les paragraphes qui me seront attribués (nous lisons chacun un paragraphe a tour de rôle) sur les grands airs de l’opéra. Au menu : Verdi avec « La Traviata » et « Rigoletto » (encore frais de notre voyage a « Praha », lire le post éponyme) et Bizet avec « Carmen ». J’espère que l’effet sera à l’aune de mes efforts !
En concluSion, je pense que la fête de Pessah symbolise le renouveau sous toutes ses formes :
- l’arrivée du printemps, ses arbres en fleurs et ses nouveaux fruits et légumes primeurs que l’on trouve sur le marche depuis quelques jours seulement ;
- la propreté immaculée des maisons et de leur contenu jusqu’aux véhicules ;
- la consommation de nourritures différentes, s’il en est, pendant cette période ;
- le changement d’état d’esprit par le travail de nos « middot », notamment l’orgueil et la modestie ;
- la prise de conscience de notre libération physique, intellectuelle et spirituelle a cette époque et de nos jours avec l’état d’Israël qui nous permet de vivre nos vies de juif avec fierté et légitimité ;
- la réflexion sur notre destin individuel et collectif qui s’inscrit un peu plus chaque jour sur le chemin tracé par nos ancêtres ;
- le message universel et intemporel de la Haggada adresse aux juifs et a l’humanité toute entière. Un message de paix et de fraternité qui prendra son essor et sa pleine puissance avec la délivrance finale et complète attendue chaque année a la même époque :
- « be Pessah nigalou, be Pessah atidim leyigael », « A Pessah, ils furent délivrés, a Pessah ils seront délivrés dans le futur ».
Pessah cacher ve sameach a tous.
“nos frères juifs se réduisent “eux-mêmes” en esclavage domestique quelque temps avant “le jour de clarté”…en …….”
et est-ce qu’ont peut dire “nos fréres Juives”
surtout qu’une trés grosse partie du boulot est fait par elles
y compris le “mortier”
Par Rambo-Mitaine le 17 avril 2008
à 1:43
je suis la moitié de M.Rambo Mitaine lequel vient de me faire lire votre post. Je suis effectivement en petits morceaux après les diverses tâches relatives à Pessah et de vous lire m’a quelque peu détendue. Je vous reçois 5 sur5 sauf que je me permets une petite remarque, il semblerait que vous confondiez le masculin et le féminin ?….BONNES FETES DE PESSAH !
Par Rambo-Mitaine le 17 avril 2008
à 1:54
Chers Mr et Mme Mitaine,
Ce post est inspire par une femme, la mienne depuis 23 ans hier et il est dédicacé a toutes les femmes, mères et sœurs du peuple juif.
C’est en observant ma mère, ma sœur puis ma femme que j’en suis venu a la conclusion qu’il fallait avancer la date du seder d’une semaine concernant la logistique, partir en vacances et “se rendre” au seder “cool, calm & collected” comme disent nos amis anglo-saxons…
Concernant le “mortier”, Mr Rambo, que nous appelons dans notre langue vernaculaire le “charosset”, un atelier masculin de fabrication a été organise ce matin même dans mon quartier de Ramot !
Mme Mitaine, j’ai trop de respect pour le beau sexe pour le confondre avec le notre! Pour citer Sacha Guitry: “Je suis contre les femmes…tout contre!”
Blague a part, je n’hésite pas a l’occasion de Pessah d’augmenter le budget “femmes de ménages”, j’emploie le pluriel car ces deux dernières années nous avons pris une “extra” pour les placards de la cuisine et des salles de bains…la santé de nos femmes juives n’a pas de prix!
Et aujourd’hui nous avons tous mis “la main a la patte pour “caheriser de Pessah la cuisine” et lui donner cet aspect unique de station spatiale qu’elle prend pour cette période grâce a l’aluminium…
Quand on aime, on ne compte pas! Ni son argent, ni ses efforts.
Pessah cacher ve sameach au couple Mitaine,
Didier
Par didier1 le 17 avril 2008
à 2:14